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Articles - Archives


Ils se re-aiment


Ils se re-aiment

Isabelle et Martin se sont retrouvés, enfin. Après un divorce houleux, quelques disputes homériques, des vérités bien-senties comme une mauvaise foi de circonstance, les retrouvailles ont eu lieu pour le bonheur de chacun. Mais comment être sûr de ne pas retomber dans les travers du passé ? Dès lors, tous les tours et idées sont permis pour faire rimer Amour avec Toujours… mais jusqu’à ou ? Palmade - Laroque : le retour : depuis leur diptyque « Il s’Aiment » (1996) et « Il se Sont Aimés » (2001) sur les planches, la crise conjugale rime désormais aux yeux du public avec crise de rire. Et pour cette nouvelle salve, le duo tente l’aventure des retrouvailles sur un ton plus fantaisiste que jamais. Ainsi, spiritisme familial, télé-crochet improvisé, prise d’otage (du côté des ravisseurs ou des captifs), découverte timide de l’échangisme : toutes les idées saugrenues sont les bienvenues pour pimenter leur nouvelle vie de couple. On appréciera la folie douce d’un sketch décrivant l’appartement conjugal balisé selon le code de la route, ou le retour d’un enterrement où l’humour noir de Palmade s’exprime avec toute l’acuité qu’on lui connaît : sans-doute le sketch le plus drôle du spectacle. Epaulés par l’humoriste Alex Lutz à la mise en scène, lui-même adoubé par Palmade (la mise en scène du « Comique », c’est lui) et Sylvie Joly, le couple réussit son retour au premier plan de la scène humoristique. Ils arrivent à renouveler l’imagerie de l’éternelle scène de ménage, grâce à une tournure et une finesse d’esprit sans-cesse renouvelés. Le public, déjà acquis, ne peut que se laisser à-nouveau charmer devant tant de charme et d’intelligence.


Philippe Chesnais

Nini ou Une Femme Libérée dans une France Occupée


Nini ou Une Femme Libérée dans une France Occupée

Chaque soir, au cabaret du Tire Bouchon, dans la France occupée, Nini, artiste de music hall, à la gouaille toute française, raconte et met en scène la plus grande histoire –et douleur- de sa vie : celle de son amour pour Hans, sous-officier de la Wermacht. Entre tour de chant, de danse, confidence et aparté avec le public, Nini nous fait revivre le destin bouleversé d’une femme amoureuse dans une époque troublée… A tous ceux pensant que le café théâtre parisien manque d’audace, « Nini » se chargera de leur faire changer d’avis. Le propos est ambitieux, la mise en scène ne l’est pas moins : entre quelques belles compositions et chorégraphies chaloupées de la meilleure inspiration, la scénographie fait appel à quelques images d’archives judicieusement choisies qui ont tôt fait de plonger le spectateur au cœur de l’époque décrite. Mais surtout, c’est la comédienne Sandra Gabriel qui emporte tous les suffrages, incarnant avec verve et émotion cette belle figure des nuits parisiennes. Elle transcende à l’arrivée le propos de départ, sur une note inattendue et émouvante qui cueille les spectateurs par surprise : l’émotion du spectateur en est alors décuplée… Il ne faut pas en dire plus pour ne pas gâcher ce beau final. Aussi hâtez-vous de découvrir cette belle aventure sur la scène de L’Archipel : si la scène est petite, le talent de l’équipe et de sa comédienne principale, eux, sont immenses.


Philippe Chesnais

Y' A De L' Otage Dans L' Air


Y' A De L' Otage Dans L' Air

Suite à un imbroglio sentimental, un avocat timide se retrouve pris en otage par son frère, acteur cabotin et stupide, avec sa colocataire enceinte…Entre voisin exhibitionniste, négociateur zélé et policiers sur le qui-vive amassés dans la cours, la prise d’otage dégénère tout au long de la soirée… Amateurs de vaudeville sur-vitaminé, cette pièce est faite pour vous ! Au carrefour du « Carton » et de l’esprit du Splendid, les 3 acteurs s’en donnent à cœur joie dans ce qui constitue le buzz de café-théâtre depuis cet été. Au service d’une écriture alerte, la pièce offre quelques situations délirantes, frôlant l’absurde. Et on n’oubliera pas les comédiens, campant parfaitement 3 personnages aussi borderline les uns que les autres, avec une jolie sincérité. Alors n’ayez pas peur de pousser les portes du petit Théâtre des 3 bornes, et d’encourager cette fine équipe : s’il y a un élément qui n’est pas pris en otage, c’est bien le public.


Philippe Chesnais

N° 9 de Bigard


N° 9 de Bigard

Moins l’on pense au chien qui mord, plus les chances sont grandes de ne pas être mordu…jusqu’au moment où la mémoire vous revient ! Et là, la mécanique se met en place, avec une belle frayeur à la clé…Oui, Jean-Marie Bigard va parler physique quantique. Non, il ne s’est pas assagi, et la démonstration précédente va vous faire rouler de rire sous votre fauteuil… Pour son spectacle « tout neuf », Bigard se lance dans des considérations sur le temps qui passe, celui qui s’échappe, et celui qu’on essaie de rattraper…Rassurons les fidèles : tout ceci n’est qu’un prétexte pour naviguer vers les délires habituels de l’artiste, dans un One Man Show aussi décoiffant que les précédents. Entre une séquence sur les bienfaits du sommeil paradoxal, et une autre sur la description de pickpockets trop susceptibles, Bigard reste égal à lui-même, et la sympathie qu’il dégage sur scène n’a d’égal que la verdeur de ses argumentations. Si le personnage n’indiffère jamais, pour le meilleur ou pour le pire, peu d’artistes de one man show ont réussi à créer une telle connivence avec leur public - les 1ers rangs s’en rappellent encore ! - ; aussi courez acclamer Bigard dans son nouveau tour de piste : il faut garder l’estomac solide, mais l’on est toujours rassasié par tant de générosité et de partage.


Philippe Chesnais

Les Malheurs de Rudy


Les Malheurs de Rudy

Rudy, c'est un trentenaire actuel, cool, bien dans ses baskets, décidé à traverser la vie avec légèreté. Mais sa désinvolture naturelle devient vite synonyme de nonchalance pour son entourage...Les tracas de la vie, entre une ex-amie hystérique, un frère trop nerveux et un ami sur la défensive, viendront-ils à bout du sourire perpétuellement affiché de Rudy ? On a découvert Rudy Milstein cette année dans le triomphal "Atelier Pierre Palmade" au théâtre de la Gaité-Montparnasse. L'univers de ce jeune auteur s'en ressent, par un humour distancié, fondé sur l'étude de caractère et le comique de situation. S'y détachent des préoccupations d'"adu-lescent" des années 2000, souvent entre 2 boulots, 2 copines, lâche "mais sympa", égoïste "mais médiateur"...Une forme d'indolence sur laquelle aucun des personnages n'a vraiment prise. Face à ce Pierrot Lunaire provocateur malgré lui, et auquel Rudy Milstein apporte une jolie sensibilité, apparaissent 3 autres recrues de l'écurie Palmade: Alexandra Chouraqui, Guillaume Clerice, Jean Gardeil et Benjamin Gauthier incarnent parfaitement les contrepoints "terriens" du protagoniste principal. Leurs réactions et emportements sont franchement irrésistibles face à la bonhommie de notre antihéros, misant alors sur son charme pour emporter la mise. Les scénettes versent alors progressivement dans l'absurde, jusqu'au final inattendu, finissant de séduire le public. A mi-chemin entre le théâtre de boulevard et le one man show "...à plusieurs", Rudy Milstein crée un alter ego de scène attachant, dont les mésaventures devraient parler à plus d'un spectateur de sa génération. Les autres ne devraient pas être en reste, comme le confirme le succès actuel rencontré au Point Virgule par cette pièce. Avec une écriture aussi ciselée, et servie par une troupe attachante, on peut parier que l’on n’a pas fini d'entendre parler de Rudy pour les temps à venir.


Philippe Chesnais

13 à Table


13 à Table

La préparation d'un réveillon de Noël tourne au cauchemar, lorsque le maître de maison, hystériquement superstitieux, s'aperçoit qu'il a invité 13 convives. Entre l'arrivée d'un 14ème invité, ou la décommande d'un autre, la soirée vire à la guerre des nerfs... Pierre Palmade se saisit pour cette reprise estivale d'un classique du boulevard des années 70, alors mené par une autre reine du vaudeville: Marthe Mercadier, et la réajuste au goût du jour, à-travers un nouveau couple vedette -et gay- et des références plus contemporaines. Mais surtout, il impose une distribution qui en rajeunit le cadre. En effet, les 7 comédiens sont issus de "L'atelier Pierre Palmade", triomphant depuis l'année dernière au théâtre de la Gaité-Montparnasse. Résultat: l’ensemble rafraichit ce vaudeville endiablé, où la tradition des portes qui claquent et quiproquos est parfaitement respectés. Cette reprise est alors l'occasion de confirmer de nouveaux talents : Benjamen Gauthier en majordome zélé, Camille Cotin et Jeffrey Platel en couple sur la brèche, ou Christophe Canard en médecin épicurien, s’imposent avec verve et distinction. Au centre de cette soirée loufoque, un couple étonnamment touchant: Yann Papin, compagnon amoureux et aussi patient que son concubin est autoritaire et anxieux. Dans le rôle de maître de maison hystérique, Jean Leduc impose sa nature comique et généreuse. Ses manières, emportements, sans oublier son port de voix unique, l'imposent dans la lignée des artisans populaires du vaudeville français: Serrault, Darras, Jean Jacques, Michel Roux. Entre eux deux: une pasionaria espagnole venue régler des comptes: Teresa Ovidio. Elle s'impose avec autorité et élégance dans ce marathon de l’humour. Les nostalgiques d' "Au Théâtre Ce Soir" seront heureux d’assister à ce retour inespéré du vaudeville à la française. Aussi laissons de côté les réserves d'usage pour faire un triomphe mérité à cette belle réception, en espérant qu’il soit annonciateur de nouvelles reprises du genre, portées par des distributions aussi inspirées.


Philippe Chesnais

Urgence Du Dimanche


Urgence Du Dimanche

Une nuit, un dimanche, dans un hôpital de province…Des quidams blessés au personnel blessant, du patient empathique au parent pathétique, de l’ivrogne au sportif, du syndicaliste au bourgeois, du soir au matin…C’est tout un pan d’humanité qui s’agite sous nos yeux, s’affairant et virevoltant malgré les tracas et atteintes, l’humour comme pansement de blessures visibles ou plus intimes… Ne cherchez pas de fil conducteur : ici, c’est un florilège de caractères qui s’affronte, se joute et se cherche, déclenchant un rire aussi jaune que la fièvre agitant les protagonistes. Les auteurs Jean Leloup et Elisabeth Juillard ont fait preuve d’une belle ambition : imager de façon burlesque et grinçante les acteurs d’une institution, grâce à une troupe d’amateurs pros et inspirés qui, au nombre d’une dizaine, interprètent à l’arrivée pas moins d’une cinquantaine de personnages ! La succession des tableaux est fluide et enlevée, et les registres surprennent par leurs alliances : comique, cynique, sombre, mais aussi visuel et clownesque, chaque comédien mime un portrait surprenant. Puis, subitement, entre deux tableaux absurdes se glisse une respiration : celle du deuil brutal vécu par l’un des personnages, ou encore la très belle envolée lyrique d’un autre, sémillant patient camerounais s’étonnant des us et coutumes des occidentaux. Le rire s’efface alors devant le vide, la mort, mais aussi la lumière qu’on peut choisir d’en faire naître. Le théâtre parisien regorge de créations originales à découvrir et faire partager : Urgences du Dimanche est assurément l’une d’entre elles. Aussi, n’hésitez pas à pousser le bloc de ce service de grands malades : une belle occasion tant pour les curieux des planches que pour les phobiques des hôpitaux d’une réconciliation par le rire et l’émotion.


Philippe Chesnais

Récital Emphatique


Récital Emphatique

Avançant majestueusement sur la scène, lançant quelques œillades effarouchées au public, avant d’entamer une improbable danse des sept voiles, une cantatrice (ou tragédienne ?) d’un autre âge enchaîne un tour de chant et de scène, où sont convoqués Camille Saint Saëns et Georges Gershwin, mais aussi Jean Racine ou le contemporain Roland Menou…Mais qu’on ne s’y trompe pas : il s’agit autant d’un hommage qu’un détournement irrésistible à de hautes figures du théâtre français, aux jeux et manières affectés… Homme de théâtre et metteur en scène d’opéra, fidèle acteur d’Olivier Py, Michel Fau reprend à Marigny sa création : L’Impardonnable Revue Pathétique et Dégradante de Monsieur Fau, dont il développe ici les outrances, dans un hommage hilarant aux castafiores et « grandes » comédiennes de l’après-guerre. Les spectateurs de la dernière cérémonie des Molières n’auront pas oublié sa prestation de la soirée, lors d’une reprise improbable de « Quelqu’un m’a dit » de Carla Bruni, qui provoqua alors l’hilarité générale du public ! Si la charge est volontairement énorme et caricaturale, le trait du personnage, lui, reste fin : ainsi, poses lascives et regards en coin animent un hommage que l’on devine sincère. La reprise de « Phèdre » de Racine, en 4 interprétations différentes, mérite tous les suffrages, et la conclusion de « Je Veux » de ZAZ, finit d’achever le spectateur ébahi. Les nostalgiques de grandes figures « théâtreuses », comme les amateurs de spectacle décalé, doivent se rendre impérativement à Marigny, pour faire un triomphe à cette diva improbable. Le récital ne dure qu’1h15, mais il est évident qu’à son terme, on sait que le tour de Michel Fau est synonyme de vraie réussite.


Philippe Chesnais

Avenue Q


Avenue Q

Princeton, jeune diplômé au chômage, cherche encore un sens à sa vie. Ayant fraichement emménagé sur l’Avenue Q, il tente de trouver sa voie, au côté de ses voisins, jusqu’à sa rencontre avec Kate Monster…Et pourquoi ce dernier surnom ? Parce que les personnages sont interprétés sur scène par des...marionnettes ! Spectacle musical créé à Broadway, primé par 3 Tony Awards® dont celui du meilleur musical, et déjà adapté dans 20 pays, Avenue Q a déjà fait rire plus de 10 millions de spectateurs. Aujourd’hui, l’adaptation française s’impose à Bobino, sous la plume du maître des Guignols de l’Info : Bruno Gaccio. Parodie mordante de l’émission enfantine 1 Rue Sésame, Avenue Q s’invite dans la cour des adultes, sur un ton grivois et décomplexé. Associé à l’efficacité et au professionnalisme américain, à la présence d’un orchestre Live, à l’imposant décor d’origine, et à la présence scénique permanente des marionnettistes, Avenue Q offre un spectacle décalé et original, inattendu sur les planches parisiennes. Il ne reste plus aux spectateurs que de fredonner à la sortie les chansons très politiquement incorrectes émaillant ce show. Le spectacle, au vu des thèmes abordés et par son ton provocateur, saura séduire un nouveau public.


Philippe Chesnais

Harold et Maude


Harold et Maude

Pendaison, coup de fusil, noyade…Le jeune Harold ne cesse de mettre en scène des tentatives de suicide aussi rocambolesques que dérisoires, au grand regret de sa mère et des ses prétendantes, qui s’enfuient les unes après les autres…La rencontre avec Maude, optimiste et sémillante octogénaire, le remettra sur les rails de la vie, de l’ouverture, et de l’affectivité épanouie… Le réalisateur américain Hal Ashby réalise en 1971 « Harold et Maude », qui devient à sa sortie rapidement culte, tant les thèmes abordés collent à son époque (la liberté contre les conventions sociales et le militarisme). Il est alors l’objet d’une première création sur les planches par Jean-Claude Carrière, et Jean-Louis Barrault à la mise en scène. Ladislas Chollat s’en empare aujourd’hui dans une version drôle et touchante, mettant parfaitement en valeur la malice et la vivacité de Line Renaud. Tour à tour espiègle, douce, insolente ou grave, l’ancienne meneuse de music hall s’approprie son personnage avec chaleur et autorité. Mais le jeune Thomas Solivéres, dans le rôle d’Harold, est la belle révélation de cette pièce. Par sa gestuelle gracile et son port de voix éraillé, il incarne parfaitement l’autisme de ce jeune homme s’ouvrant doucement à la vie. Face à eux, Claire Nadeau est absolument irrésistible en marâtre dépassée et blasée par les évènements, contrepoint hautement comique d’un binôme émouvant et imprévu. Porté par une mise en scène dynamique, faisant la part belle tant au rire qu’à une belle et grave sensibilité, « Harold et Maude » traverse les âges sans encombres, au diapason d’un duo de comédiens dynamique et émouvant, installant cette belle histoire dans le cœur des spectateurs conquis.


Philippe Chesnais

Noémie et Friends


Noémie et Friends

Tout, vous saurez tout sur les actrices. Ragots, potins, secrets de beauté, inspiration…Vous attendiez l’artiste qui vous permettrait de passer de l’autre côté du miroir : Noémie de Lattre sera votre guide. Pour son premier one-woman-show, Noémie de Lattre crée un désopilant alter ego de scène : celui d’une actrice célèbre - mais pas trop -, sympa – sans abuser -, et disponible - tant qu’il y a un autographe à la clé -, enchaînant scénettes et apartés avec le public, avec l’assurance des – presque - plus grandes. D’un retour de soirée éthiliquement douloureux (avec chats en confidents !), à la crise nerveuse provoquée par l’interdiction de fumer d’un amant, en passant par la mauvaise surprise causée par un cadeau douteux d’anniversaire de mariage, Noémie n’épargne aucun détail de sa vie trépidante. Ayant déjà interprétée l’un des rôles-titres du triomphal « Arrête de pleurer Pénélope », avant de rejoindre les rangs de Pierre Palmade pour sa pièce « Le Comique » et dans son actuel atelier au théâtre de la Gaîté-Montparnasse, Noémie fait ici pour la première fois cavalier seule. La découverte est enthousiasmante, tant le public ressort séduit et conquis par la fraicheur et l’abatage de cette nouvelle venue au royaume des humoristes femmes, et sur laquelle il faudra très certainement bientôt compter.


Philippe Chesnais

Ma Première Fois


Ma Première Fois

Au départ, le blog « myfirsttime » fut créé par 2 anglais, invitant des personnes de tous sexes et sexualités à évoquer anonymement leur « première fois ». Le succès inattendu de ce blog est aujourd’hui l’objet d’une adaptation scénique, où les témoignages tour-à-tour drôles, émouvants ou incongrus sont évoqués par un quatuor de comédiens déchaînés… Prude s’abstenir ! Ici, on parle de sexe, d’amour, d’occasions manquées, de lieux originaux, de dépucelages sauvages… La liste pourrait être fastidieuse, mais c’est sans compter la mise en scène inspirée de Gabriel Olivares : entre 4 panneaux blancs permettant une scénographie dynamique, nos 4 comédiens rivalisent d’énergie pour courir, se poser, s’intercaler, s’imposer, dynamiter les différents tableaux. Entre 2 descriptions, une interaction avec le public, mis dans la « confidence » dès le début, grâce à la distribution de billets à remplir sur le thème de : « Et vous, votre toute première fois ? », papiers évidemment relevés par les comédiens postés dans la salle… Cet OVNI théâtral fait honneur à son titre, puisqu’il ne ressemble à rien d’autre de ce qui a pu être vu avant sur une scène. Un enchaînement de tableaux, un exercice de style grivois, joyeux et solaire, où les comédiens n’hésitent pas plus à bousculer les conventions qu’à tomber la chemise, pour l’heureuse surprise des spectateurs séduits.


Philippe Chesnais

André Le Magnifique


André Le Magnifique

Alexis Hader n’est pas que le maire de Vigoulet, dans le Gers : c’est aussi un passionné de théâtre, dont le rêve est de monter une pièce écrite par ses soins : Le retour du Chevalier de Sainte Germaine, dont la création lui permettrait de sauver le théâtre de sa ville. Avec l’aide de sa femme Jeanine, et de ses amis Norbert et André, il décide de faire appel au comédien parisien professionnel Jean Pascal Faix, afin de produire son œuvre. Entre le rat des villes et les rats des champs, la guerre des nerfs commence… André le Magnifique fit écho à son titre, lors de sa création en 1998, car la pièce obtint alors le Molière de la meilleure pièce comique. Auréolé de sa reprise triomphale de La Cage aux Folles l’année dernière, le metteur en scène Didier Caron se la réapproprie aujourd’hui, en interprétant le rôle titre avec une maestria confondante. On pourrait croire, à la lecture du résumé, à une charge facile envers une forme d’enthousiasme tout provincial. Rien n’est plus faux, tant la tendresse envers les personnages est authentique. Résultat : on rit des retournements, des dialogues, de la représentation finale, mais toujours avec les personnages. Si Didier Caron est tout simplement irrésistible dans son rôle de simplet passionné des planches, les autres comédiens ne sont pas en reste, et tiennent ce marathon du rire haut la main. Loin de tout cynisme et de politiquement correct « à la mode », André Le Magnifique reste surtout un bonheur de comédie ciselée, au tempo alerte, où le plaisir du jeu de comédien contamine par sa bonne humeur le public conquis.


Philippe Chesnais

Pascal Légitimus dans Alone Man Show


Pascal Légitimus dans Alone Man Show

Séparé (provisoirement ?) des Inconnus, Pascal Légitimus s’offre pour son premier one-man-show un spectacle étonnement introspectif, où la sensibilité domine. Sans charger ses effets, le comédien enchaîne les scénettes, sketchs, moments musicaux pour mieux faire connaître les siens. Et dans un désordre savamment étudié nous sont évoqués parents, oncles et tantes, mais aussi sa fille et son petit ami, lors de portraits incongrus et drolatiques. Mais les nostalgiques des Inconnus apprécieront retrouver des portraits plus délirants comme celui d’une dame patronnesse de catéchisme à la colère hilarante, ou le pote « beauf » de service aux réparties toujours limites…L’artiste revient sur ceux qu’il aime, ainsi qu’à de grandes figures emblématiques : Martin Luther King, Malcolm X, sont cités… Mais également les « ennemis », les parasites, tel ce gimmick du coup de fil d’un Dieudonné définitivement parano, interrompant régulièrement le spectacle… L’humour n’empêche pas la profondeur. En interprétant avec légèreté cette galerie de caractères, Pascal Légitimus donne à penser que l’ancien Inconnu a fait du chemin sur la voie de la reconnaissance. Attendons-nous dès lors à le revoir dans un nouveau panel de rôles, tant la profondeur sensible de son spectacle permet de redécouvrir les multiples facettes de l’artiste.


Philippe Chesnais

Les Prof Son Fatiguai


Les Prof Son Fatiguai

Scandale au lycée François Mitterrand : 3 enseignants et la directrice de l’établissement se retrouvent bloqués en salle des professeurs : le lycée vient d’être pris en otage par ses élèves ! L’occasion, pour les protagonistes, de faire un tour de table aussi personnel que délirant, entre expédition punitive de petits suisses et problèmes sanitaires bien contraignants… Le titre et son orthographe déficiente auront mis le public sur la voie : il s’agit évidemment d’une charge en règle, prétexte à un défouloir haut en couleur de 4 spécimens bien atteints dans leurs autorités respectives ! L’éducation nationale n’en sort pas grandie, mais là n’est pas le but : mesquineries, frustrations et névroses sont bien au programme de la satire annoncée. Au centre de la sacro-salle des professeurs, 4 comédiens déchaînés illustrant leur caricature avec autant de véhémence que de verve. On oubliera pas de sitôt un conseil de classe aussi foireux que délirant, et l’efficacité certaine de quelques répliques bien senties. Les défenseurs du corps enseignant sauront apprécier la folie douce de cette pièce parodique; quant à leurs détracteurs, ils seront alors d’aussi mauvaise foi que les personnages principaux campés ici…mais seront-ils aussi drôles ?


Philippe Chesnais

Des Filles En Aiguilles


Des Filles En Aiguilles

A Pigalle, 4 amis vont s’entraîner dans une accumulation de mensonges, d’artifices et d’échappatoires pour s’échapper de l’emprise d’un mafieux local…Mais si la poursuite d’un magot passant de poches en poches rend la situation délicate, l’amour pimente encore plus cette aventure… Dans le registre du vaudeville, comprenant son lot d’amants dans le placard et de mensonges fantaisistes, « De Filles en Aiguilles » ajoute une course au bas de laine par des personnages hauts en couleur. La recette a déjà fait ses preuves (on pense à la valise voyageuse d’ »Oscar »), mais la pègre parigote décrite ici en rafraichit le dessin. Et on s’amuse de découvrir une bande pieds nickelés bien maladroite, efficacement campée par de jeunes comédiens prometteurs. Mais au centre de la pièce, domine Alexandre Brasseur : nerf de la pièce, le comédien impose ici une prestation physique dense et drôle à la fois, partageant son personnage entre frénésie inquiétante et amour contrit : chacune de ses apparitions amuse autant qu’elle dynamise l’ensemble. Les amateurs de farce et de quiproquos se retrouveront en terrain conquis avec cette drôle de pièce, sûrement illustrée par une équipe dynamique et inspirée.


Philippe Chesnais

Hollywood


Hollywood

Hollywood, 1939 : un producteur renommé engage un scénariste scrupuleux et un réalisateur célèbre pour peaufiner en 5 jours un scénario encore inabouti. A la veille d’un plan de tournage déjà engagé, et gérant tant bien que mal leurs égos respectifs, tous trois vont accoucher en 5 jours de ce qui deviendra le fameux -Autant en Emporte le Vent -... Applaudit par 10 millions de spectateurs à-travers le monde depuis sa création, l’adaptation française d’– Hollywood - confirme aujourd’hui l’engouement entourant cette pièce. Aurait-on pu imaginer qu’un chef d’œuvre du septième art deviendrait le prétexte à une oeuvre aussi vive et inspirée ? La création –dans la douleur- des fameux personnages de Scarlett O’Hara et de Rheth Butler est prétexte à une comédie de caractères irrésistible. Mais elle est surtout le moyen de savourer un trio de comédiens généreux et inspirés : Daniel Russo campe un producteur aussi soucieux qu’entreprenant, Thierry Frémont un scénariste brillant mais parano et sur-actif; quant à Samuel Le Bihan, on l’aura rarement vu jouer avec autant d’humour et d’élégance de son physique athlétique. Tous trois s’amusent, se renvoient la balle, transpirent et rebondissent sur des dialogues incisifs, dont on retiendra une scène d’écriture d’accouchement irrésistible, et un réveil de séance d’écriture douloureusement comique ! Emmenée sur un rythme palpitant, - Hollywood - est la parfaite pièce de cette rentrée conjuguant inspiration du texte et plaisir du jeu. La dernière image, symbolisant la naissance du célèbre film de Victor Fleming, constitue une respiration bienvenue, au terme d’une pièce aussi énergique qu’élégante.


Philippe Chesnais

Divins Divans


Divins Divans

EVA DARLAN vous attend dans sa salle d’attente et vous serez quelques instants ses patients. Elle entre en pleine lumière avant de décortiquer les sombres méandres de nos inconscients. De la salle, elle passe à la scène et chante en duo façon Gainsbarre avec Jacques Lacan. Si, si ! Le texte de Divins Divans permet une transversale piquante entre le cabinet d’une PSY, l’église et le bistro du coin. L’envers du décor de l’âme humaine c’est la perversité à vouloir transformer un enfant en névrosé, une femme en éponge, un homme en performeur du sexe et du boulot. OUAH ! Le divan rouge façon Freud, en voit du monde défiler. Très vite entouré des mouchoirs des pleurs, il provoque les rires des « voyeurs » bien installés dans les fauteuils du théâtre de la vie. Le curé cherche à reprendre les clients de la psy et Eva Darlan l’incarne aussi. Elle passe d’un rôle à l’autre avec légèreté ; surprenante et attachante en écaillère se livrant à -l’écoute flottante- d’une psy enrichie à la misère d’autrui, étonnante lorsqu’en bourgeoise, elle s’indigne du silence si cher à payer. Tous se confessent avec ou sans lapsus, évacuent stress, tristesse ! C’est à rire et à pleurer que ces tranches de vie. Le produit d’appel du curé c’est la culpabilité, et le paradis promis par le psychanalyste c’est de se trouver soi… Alors ces divans confesseurs sont épiques, tordus, pathétiques, émouvants, drôles !!! Quelle idée d’appeler sa fille Phèdre, de dégoupiller sa libido le jeudi plutôt que le lundi. Sobre, libre, dans un rythme parfait, Eva Darlan vous invite à passer un concentré de temps dans son cabinet. Prenez vite rendez-vous : la consultation au prix d’une place de théâtre, c’est donné !


Henriette Chardak

Olivier de Benoist dans Très Très Haut Débit


Olivier de Benoist dans Très Très Haut Débit

Défenseur autoproclamé de la cause masculine, « opprimée » depuis des siècles par les femmes, Olivier de Benoist se charge de réhabiliter le sexe dit fort, grâce à un réquisitoire dont la malhonnêteté (mâle-honnêteté ?) bienvenue séduit son auditoire. Olivier De Benoist n’est pas un nouveau venu sur les planches du café théâtre : depuis sa reprise en 2002 de « Modèle Déposé », créé par Benoît Poolvoerde, son 1er spectacle comme auteur trouve aujourd’hui son aboutissement à l’Européen : jouant les dandys au bord de la crise de nerf, avec un sens de la répartie efficace, De Benoist n’hésite pas à accumuler les poncifs provocants, dont personne ne ressort indemne, pour la plus grande joie des spectateurs acquis. Entre l’inventaire hilarant et absurde d’un sac à main, et la transformation via une potion toute personnelle d’un sexe à un autre, les spectateurs se pâment de rire devant tant de mauvaise foi éhontée. En outre, on appréciera en fin de spectacle son « test de vannes » en direct, destinées à l’émission de Laurent Ruquier : « On ne demande qu’à en rire », où il officie régulièrement cette année. Ponctuant son spectacle de tours de magie (dont il est passionné) aussi simples que touchants, et avec un sens du public évident, Olivier de Benoist impose son flegme dans un tour de grand huit très appréciable. Dès lors, les prédictions pour l’année à venir sont évidentes: son spectacle à « très très haut débit » est promis à un « très très grand » succès.


Philippe Chesnais

Comment L' Esprit Vient Aux Femmes


Comment L' Esprit Vient Aux Femmes

Sur scène de merveilleuses caricatures au prise avec leur conscience et le vocabulaire... Il y a le pourri inconscient, le raté conscient et alcoolique, la fausse ravissante idiote et le binoclard révolutionnaire : l’un est ferrailleur milliardaire, l’autre avocat-conseil, les deux derniers sont d’énormes grains de sable au système des pots de vin politico-financiers… Harry a besoin d’un avocat « qui va lui coûter plus cher que prévu ». Il doit graisser la patte d’un sénateur pour « gagner plus » et Billie sa poulette de paille signe pour lui des contrats juteux et véreux. Au cœur de Washington, Harry cherche une personne qui apprenne les bonnes manières à Billie, pour qu’elle puisse paraître en société, tenir une conversation sans être ridicule. Rien de mieux qu’un journaliste fauché comme coach !... Les ambitions secrètes de chacun se percutent face au Capitole. Les scènes font référence au passé et entrent en résonance avec mille et une actualités. Dans la salle, les rires fusent. La mise en scène de Manon Bony est excellente, précise, drôlissime : de vrais plans séquences où l’on ne s’ennuie jamais ! S’il y a eu la partie de cartes de Pagnol, celle orchestrée dans cet hôtel d’après guerre est inoubliable. Le comique de répétition à son comble répond peu à peu à la question : comment vient l’esprit aux femmes qu’on méprise, mais surtout pourquoi !… Billie va bientôt comprendre les rouages d’une économie vorace… Peu importe les magouilles des puissants, c’est quand l’esprit vient aux femmes que tout s’écroule chez les machos ! À conseiller contre tout accès de morosité comme un excellent remède et ce, dans un lieu mythique. À ne pas manquer !!!


Henriette Chardak

Une Liaison Pornographique


Une Liaison Pornographique

Un homme et une femme se rencontrent par annonce. Il ne s’agit pas d’un flirt, mais d’un fantasme à réaliser et partager. L’anonymat régnera tant sur le désir que sur les prénoms des protagonistes : elle et lui savent ce qu’ils veulent, et s’en amusent. Et puis, d’un rendez-vous à un autre, leur chambre d’hôtel devient le témoin de nouvelles sensations, de nouveaux sentiments…Et si, finalement, de « liaison pornographique », on passait simplement à « liaison » ? Adapté du film de Frédéric Fonteyne au titre homonyme (1997), avec dans les rôles-titres Nathalie Baye et Sergi Lopez, la pièce de Philippe Blasband a été l’objet d’une première création à Marigny en 2007 avec Judith Magre et Jean-Claude Jay. Olindo Cavadini se la réapproprie aujourd’hui, avec l’aide de 2 comédiens n’ayant pas peur de se séduire et de rebondir sur la crudité -supposée- du texte : Françoise Dehlinger et Jean-Paul Cessey. Mais plutôt que de confiner sa mise en scène à la représentation d’une chambre d’hôtel, Cavadini épure le cadre en un espace abstrait: évoluant entre des panneaux blancs fragmentant l’espace, métaphores de leurs doutes et hésitations, nos deux personnages nous font partager leur pas de deux, de la première rencontre dans un café jusqu’au retournement final. Les séquences vidéos projetées ponctuent le déroulement de la pièce, prenant alors le spectateur à-témoin des pensées les plus crues des deux protagonistes. La présence inattendue sur le plateau d’un duo de cordes, au service d’une partition originale, apporte un regard neuf à cette histoire de couple, à la fois scrutateur et empathique, avant de devenir au final commentateur et écho des pensées intimes et non-exprimées de nos affectifs anonymes. Evoquant le thème de l’amour naissant devenu objet de tabou dans nos sociétés modernes, « Une liaison pornographique » est une belle oeuvre dont la re-création et le texte inspiré, entre verdeur et pudeur, permet, en dépit de son titre provocateur, de redécouvrir le mystère et l’indicible du sentiment amoureux.


Philippe Chesnais

Le Carton


Le Carton

Catastrophe ! Sommé par son propriétaire de déménager en urgence, afin de rendre l’appartement à sa fille, Antoine appelle ses copains à la rescousse. Mais entre la nonchalance des uns, les histoires de cœur des autres, un camion qui se fait attendre, l’arrivée d’une top model ne parlant pas un mot de français, et un appartement tenant alors du champ de guerre, le déménagement va progressivement se transformer pour chacun en guerre des nerfs… A sa création il y a 10 ans, « Le Carton » fut un succès inespéré. Créé au Lucernaire, puis repris au Palais des Glaces avant de terminer au prestigieux Théâtre des Variétés, ce vaudeville moderne attire alors un nouveau public, se reconnaissant dans un genre daté (le vaudeville) mais rafraîchi. Décrit comme la rencontre entre les univers de Feydeau de « Friends », la mise en scène rythmée d’Arthur Jugnot et de David Roussel confirme aujourd’hui l’écriture ciselée et dynamique de ce déménagement catastrophe, poussant la mécanique du rire dans ses ultimes retranchements. Les comédiens, montés sur ressorts, s’en donnent alors à cœur joie, entre quiproquos, chassés croisés…et quelques pas de danses finissant d’enthousiasmer le public. La reprise actuelle au Palais des Glaces est donc l’occasion pour une nouvelle génération de découvrir cette pièce de boulevard qui n’a pas pris une ride, et de se reconnaître entre amis dans un grand tour d’hilarité collective.


Philippe Chesnais

Hairspray


Hairspray

Hairspray ébouriffe l’actualité sombre, à coups de nostalgie acidulée. Objets, meubles, immeubles, réclames, 45 tours vintages filent sur scène et nous plongent dans une comédie musicale américaine in french. Les vaporisations de laque sont universelles et le spectacle tout public ! Bienvenue à Baltimore avec l’orchestre life pour assister aux premiers pas de la télé réalité : « Gardez votre vie privée pour l’émission. » entend-on… Nous sommes en 1962 et pas de frontières entre les postes en Noir et Blanc qui trônent dans les salons et le plateau de l’émission. Il faut élire Miss Hairspray à l’heure de l’apartheid... Une adolescente blonde des pieds à la tête est pressentie. Tracy la brune veut passer le casting. Brune et ronde, elle n’a aucune chance... Airs de twist, sur la piste de danse du show télé où aucun Black n’a adroit de cité. Tracy séduit le public, puis se révolte. Son engagement contre le racisme la pousse en prison ! Refusera-t-on toujours sa vision en couleurs de la jeunesse ? Radioscopie de celle-ci qui s’éclatait il y a 50 ans ! Tracy se bat avec d’autres pour une « laque pour tous » : les blancs, les noirs, les jeunes, les vieux… Telle est la trame. Sur scène évoluent mères (en particulier celle de Tracy) filles, pestes remarquables, animateurs, animatrices, danseurs pleins de peps, lits, petits rats, un père, le fabricant de laque… Deux parties inégales, la deuxième étant plus épurée, plus rythmée, plus mystérieuse aussi. Pour avoir les noms des artistes, demander des autographes : l’affiche n’était pas assez grande sans doute !


Henriette Chardak

Les Colocs dans Coming Out


Les Colocs dans Coming Out

Montés à Paris pour devenir des vedettes de show biz’, Robert et Jeannot traînent entre les murs de leur appartement. Décidant de passer une annonce afin de co-louer à une troisième personne (de préférence féminine), ils se retrouvent entichés par erreur d’un comédien homosexuel, expansif et exubérant. Si Jeannot peut encore tolérer les extravagances de son nouveau colocataire, il n’en est pas de même pour Robert, imprévisible et impulsif… Si une pièce de café-théâtre se joue à Paris depuis plus de 1000 représentations, et affiche aujourd’hui plus de 100 000 spectateurs, ce n’est pas le fait du hasard. Il faut savoir tenir la scène, enchaîner sans temps mort les quiproquos, rebondir avec le public, l’amuser tout en s’amusant…Ce Coming Out en vérifie toutes les hypothèses, avec un trio de comédiens rodés à l’impro’ et à la réplique qui tue. Une association de bienfaiteurs enthousiastes et proches du public, qui en redemande entre deux hoquets de rire. Ce vaudeville effréné, qui fait les beaux jours des scènes parisiennes de café théâtre depuis plus de 7 ans maintenant, reste une perpétuelle redécouverte pour le spectateur, tant la proximité avec lui se fait grandissante et forte, à chaque représentation. Efficacement mis en scène par Patrick Hernandez, ce trio dynamite les idées préconçues, célébrant son message de tolérance initial par une gigantesque salve comique.


Philippe Chesnais

Moi, Caravage


Moi, Caravage

Du noir absolu, naît une voix : la mort à la bougie. Flash back avec un casting d’enfer : Caravage et ses modèles. Michelangelo Merisi da Caravaggio, alias Cesare Capitani nous conte son enfance, ses errances affectives, sa passion de peintre. Et miracle, dans l’invisible d’une immense camera obscura : il nous fait voir ses toiles ! Une corbeille de fruits, une méduse, des scènes de torture, des pages de la Bible... Des prostituées, des mendiants ont servi de modèles. L’inquisition romaine va tout faire pour venir à bout de ce rebelle de l’art et du sexe. Témoin de son temps si cruel, Caravage invente le clair-obscur, la conjugaison des sens… Il aime une boulangère, puis un homme, puis un autre, il court vers sa mort. Il prémédite une toile où sa souffrance sera marque de sa liberté. Il sera Goliath agonisant… Les yeux du comédien-peintre brillent, tandis qu’il nous dépeint sa vie… Laeticia Favart est la voix qui le suit comme une ombre. Elle incarne sa mère, ses amant(e)s, ses amis et traîtres, sa prémonition d’artiste, sa fin. Ce bagarreur fou du pinceau et duelliste sanguin, imagine ses toiles devant nous. Caravage né l’année de la bataille de Lépante (1571) mourra moins de quarante ans plus tard après avoir été protégé, haï, traité d’hérétique et condamné à mort. Faire défiler sa vie et son oeuvre inquiétante était une gageure. Mais les spectateurs restent persuadés d’avoir erré dans son atelier, visité les méandres de Rome, et admiré ses chefs-d’œuvre. Après avoir assisté à MOI, CARAVAGE, on regarde « la flagellation du Christ » ou « Judith décapitant Holopherme », éberlué : Caravage est un immense peintre de « la belle horreur ». Le théâtre, et une équipe à l’unisson, on fait entrer l’histoire de l’art par une fascinante suggestion.


Henriette Chardak

Alain Ezzine Fait Sa Comédie !


Alain Ezzine Fait Sa Comédie !

C’est l’histoire d’un mec rond et sympa qui arrive à vous persuader qu’il est Johnny Halliday à l’Olympia dans un mouchoir de poche, que deux agents de la paix vont lui faire la peau parce qu’il convoie un landau qui dépasse les limites… de vitesse sur un trottoir qui le mène en garde à vue, qu’il est magicien avec un pauvre ballon rouge comme un nez de clown. Le spectacle d’Alain Ezzine c’est la rencontre d’une horizontale basée sur le cul, la vie, les pleurs, les rires et des airs de guitare dans le désert de la vie, et d’une plume verticale trempée dans l’acide, l’acidulé, le surréalisme. Des histoires s’enchaînent pour libérer le rire. On se promène dans un immeuble où la concierge s’appelle Belphégor et terrorise tout le monde par sa carrure de Sébastien Chabal. Dans une baignoire ce n’est pas Archimède qui flotte mais les victimes des pêcheurs et chasseurs de tout poil… Dans l’univers de cette étrange comédie pénètre même une sale mouche pas du coche : une mouche qui percute une voiture dans laquelle notre rêveur farceur a pris en stop une bombe : une jeune japonaise un peu désorientée. Alain Ezzine n’hésite pas à faire participer le public à ses chansons et à nous faire vivre ses images comme des collages décalés. Il se LA joue, nous la joue SA comédie, LA comédie humaine grinçante à souhait. Et hop, Johnny remballe sa guitare et tous les personnages repartent dans les coulisses d’un théâtre de poche qui a le luxe de s’offrir des gradins.


Henriette Chardak

L' Asticot De Shakespeare


L' Asticot De Shakespeare

Ce spectacle est une gageure : faire rire de la mort ! L’actrice s’exprime en V.O. quand il s’agit d’Hamlet, et traduit en V.F. avec gourmandise. Cet asticot du temps de Shakespeare parfaitement bilingue joue sur la musicalité des mots. Après cet apéritif fort pimenté on s’attache à ce vers blanc rondouillet entré en scène pour nous faire mourir de rire, mais pas d’ennui. Il raconte sa vie de travailleur des corps, il travaille les défunts au corps, passe d’un roi à un manant. Pour l’asticot philosophe et égalitariste : un homme mort est semblable à un autre. La seule chose qui l’intéresse c’est la chair autour de l’os. Shakespeare a osé cet humour noir, évoquant plein de malice de ces petits êtres blancs qu’affectionnent les pêcheurs, pour pêcher un poisson qui sera mangé par un roi ou un gueux qui à leur tour deviendront le siège d’une famille de petits vers blancs… De l’asticot, Clémence Massart en fait un personnage à part entière, le reflet des hommes et de leurs angoisses. Peu à peu l’asticot se métamorphose en personnages de tous les siècles, asticotant notre curiosité face à l’au-delà. Gravité et hilarité se percutent sans qu’on reprenne souffle. La mise en scène sobre de Philippe Caubère (La danse du Diable) permet une drôlerie à facettes aussi précise que l’accordéon qui accompagne la Mort incarnée… Les sketches se succèdent comme autant de publicités à la vie. Même les enfants rient sans craindre les morts racontées par Clémence Massart. Et puis c’est la fin… du spectacle. Pour la petite histoire asticot, en anglais se dit maggot.


Henriette Chardak

Qui Aime Bien Trahit Bien !


Qui Aime Bien Trahit Bien !

Nanie est comblée : elle est enceinte de son fiancé, Pascal, qui va bientôt emménager chez elle. Mais Seb., son meilleur ami et squatteur au long terme, n’a pas l’intention de quitter l’appartement qu’on lui prête depuis des mois. Avec l’aide de leur amie Dadou, Seb. va enchaîner les coups bas pour ne pas se faire expulser… Dans le registre de la réplique qui tue, « Qui aime bien… » en recèle un nombre impressionnant. On comprend mieux le succès mérité de cette pièce qui cartonne: les réparties cinglantes se succèdent sans temps mort, porté par un quatuor de comédiens déchaînés. La mise en scène, alerte, les met parfaitement en valeur…au même titre que les costumes des personnages de Seb et Dadou, hauts en couleur. Sans prétention, mais avec agilité et rythme, « Qui Aime Bien Trahit Bien » gagne ses galons de café-théâtre entraînant et efficace.


Philippe Chesnais

Mission Florimont


Mission Florimont

1534 : dernier agent de François 1er, Florimont de la Courneuve doit relier Constantinople pour proposer un traité d’alliance avec Solimon le Magnifique…C’est sans compter sur les ennemis aussi nombreux qu’improbables qui vont se dresser sur sa route… Basé sur un fait historique réel, les auteurs du « Tour du Monde en 80 jours » se lâchent totalement : anachronismes, parodies, comique de situation, second et troisième degré (voire plus), et même comédie musicale s’enchaînent sans temps mort, dans un spectacle complètement déjanté. Les vignettes s’accélèrent jusqu’à un procès complètement délirant, qui fera pleurer de rire le spectateur. On se demande comment les comédiens, qui interprètent à 5 une…vingtaine de personnages, arrivent à tenir une cadence aussi frénétique. La nomination aux Molières 2010 de la meilleure pièce comique n’est pas le fait du hasard, aussi courez participer à cette mission improbable, dont la réussite humoristique est remportée haut la main !


Philippe Chesnais

La Vie Parisienne


La Vie Parisienne

Débarquant de Suède, et accompagné de son épouse, Le baron de Gondremarck veut absolument profiter de son séjour parisien pour s’adonner aux « plaisirs » de la capitale. Le vicomte Raoul de Gardefeu lui fera découvrir les us et coutumes de cette fameuse vie parisienne, tout en lorgnant sur l’épouse suédoise… Pour son arrivée sur les planches du théâtre Antoine, et au lieu d’opter pour une adaptation littérale, Alain Sachs propose une reprise originale, le spectateur assistant à la création de la célèbre opérette : sous l’insistance d’un régisseur fantasque, les comédiens-chanteurs entrent en scène et découvrent leur partition et leur personnage. Le spectateur glisse alors en même temps que la troupe au cœur de l’action, découvrant avec joie les numéros s’épanouissant devant lui. La qualité première et évidente de ce spectacle réside en la cohérence exceptionnelle de ses comédiens : dépassant l’adage d’Offenbach qui préférait « des comédiens sachant chanter, que des chanteurs ne sachant pas jouer la comédie », la troupe d’Alain Sachs sait…tout faire : chanter, jouer, danser, mimer… Les emplois sont nombreux, et la simplicité des arrangements musicaux mette parfaitement en valeur l’inspiration goguenarde et insolente d’Offenbach. Résultat : un spectacle haut en couleur, joyeux et rythmé, d’où le public ressort comblé. Les applaudissements concluant le dernier acte en sont le parfait exemple, ponctuant l’ultime brillante reprise a cappella du final, au terme d’une représentation enthousiasmante et pleine de vie.


Philippe Chesnais

Le Gorille


Le Gorille

Capturé dans la forêt africaine, un gorille entreprend de se faire éduquer par les hommes, en apprenant la parole humaine. Reconnu par ses pairs, et acclamé par l’Académie, il adoptera finalement les travers humains l’ayant marqué, avant de se livrer à un plaidoyer sur sa condition dérisoire… Adapté d’une nouvelle de Kafka, Jodorowski livre une vision décalée et caustique de la condition humaine, dans son besoin de reconnaissance sociale. Le gorille nous prend à témoin de la dérision de son ascension, validée par ses pairs dans un ultime effort d’adaptation forcée et vain. Le texte, drôle et désenchanté, est brillamment interprété par Brontis Jodorowsky, le fils de l’auteur : sous un déguisement dont on ne sait s’il tient plus du gorille en perdition ou de l’homme en devenir, l’acteur offre une performance physique étonnante et émouvante, qui reste le point fort de la pièce, notamment lors d’un final d’une belle élégance. Balançant entre cocasserie et tristesse, amusement et nostalgie, cette dénonciation rieuse vaut la peine d’être découverte. Le public ne s’y trompe pas, comme le prouve la salve d’applaudissements concluant cette belle prestation.


Philippe Chesnais

Mathieu Madénian


Mathieu Madénian

Comment les nains s\'y prennent-ils pour prendre votre place dans le métro ? Sur quels critères Benoît XVI a t-il été promu pape ? Et surtout, pourquoi les filles vont-elles toujours faire pipi à plusieurs ? Mathieu Madenian répond à ces questions existentielles dans son stand-up, chargé jusqu\'à ras-bord de vannes, de détournements... et d\'une raillerie salutaire. En-effet, non content de prendre à parti le public (mais jamais en otage), Madenian taille en pièce le mythe du petit ami \'bien-sous-tous-rapports\', avec une auto-dérision irrésistible. Sans temps mort, Mathieu Madenian se crée une place de choix au royaume naissant du stand-up français. On ne s\'ennuie pas une seule seconde: l\'essayer, c\'est l\'adopter: foncez !


Philippe Chesnais

Jérôme Commandeur Se Fait Discret


Jérôme Commandeur Se Fait Discret

La secrétaire Gisèle Lapin se plaignant de son mari à ses collègues, être ou ne pas être 'l'ami de' Nadine Pichot sur Face book, les avantages séduction d'être plus 'moyen' que réellement 'beau', Pénélope, militante alter mondialiste fantasmant sur le sex-appeal de José Bové... Tous ces personnages font -entre autre- parti du spectacle de Jérôme Commandeur, qui fait les beaux jours de la scène parisienne depuis 2006. Déclinant une série de personnages hauts en couleurs entre 2 apartés cinglantes, Commandeur livre un spectacle hilarant, dont la simplicité et la nonchalance feintes révèlent surtout un sens de l'observation aussi aiguisé que virtuose. Résultat : on rit, beaucoup, tout du long, le temps d'un one man qui file à toute allure, ne perdant jamais son spectateur en cours de route. Les retardataires n'ont pas de raison de manquer le talent de cet artiste: s'il 'se fait discret' dans le titre, Commandeur brûle les planches, au service de la vanne assassine, et on l'en remercie.


Philippe Chesnais

VOS (Version Originale Sous-Titrée)


VOS (Version Originale Sous-Titrée)

Victoire et Antoine. Manu et Clara. 2 couples de trentenaires, unis pour la vie, ne cessant de partager leurs doutes et leurs joies. Mais la grossesse de Clara va venir troubler l\'équilibre de ce quatuor jusqu\'alors inséparable... Carton sur les planches en Espagne, avant d\'être adapté au cinéma, l\'adaptation française de V.O.S arrive enfin sur nos planches. Les vicissitudes des 4 protagonistes parleront à coup sûr à leurs contemporains. La mise en scène d\'Amandine Raiteux exploite efficacement l\'espace du théâtre Pixel, alternant scènes de groupe et -arrêts sur image-, où chacun des personnages, le temps de l\'expression d\'une pensée ou d\'un doute, créé une intimité avec le public. Les 4 comédiens s\'amusent à traduire les contradictions et les états d\'âme de leurs personnages. Ce puzzle sentimental, naviguant entre lucidité et causticité, saura séduire son nouveau public.


Philippe Chesnais

La Lesbienne Invisible


La Lesbienne Invisible

-Bonjour à tous, je suis la Lesbienne invisible !-, annonce joyeusement Océanerosemarie, en déboulant sur scène... dans le noir, forcément. L'entrée en matière est drôle, la mise en lumière ne l'est pas moins. Pendant plus d'une heure, notre hôtesse nous fait le portrait d'une fille aimant les filles, regrettant de ne pouvoir entrer dans les cases dictées par les médias ou l'inconscient collectif. Entre la camionneuse immortalisée par Balasko dans -Gazon Maudit-, et le -Chic Lesbian- institué de la série -L-Word-, Océanerosemarie se fait la -GirlNextDoor- version lesbienne de nos solitudes urbaines... et décrit, entre ironie et tendresse, et sans militantisme, le périple des célibataires urbains ayant dépassé la trentaine. Résultat: on se reconnaît toujours dans un personnage ou une situation, grâce à un sens de l'observation aiguisé... et une répartie hilarante. J'ai adoré le charme, la vitalité, et l'humour de ce personnage... Alors, ne vous arrêtez pas au titre du spectacle, et foncez faire connaissance avec cette -Lesbienne Invisible-, qui ne devrait pas le rester longtemps.


Philippe Chesnais

Désolé Pour La Moquette


Désolé Pour La Moquette

Un décret ministériel stipule l' installation de moquettes sur les trottoirs, afin de rendre plus "légère" les conditions de vie des SDF…Une occasion pour 2 femmes, vivant chacune sous le regard de l' autre, d' échanger leurs vies (bourgeoisie contre précarité), mais aussi leurs convictions, leurs hommes, leurs amours et leurs solitudes… Les fans de Blier se retrouveront en terrain conquis, l' idée de départ n' étant qu' un prétexte pour développer et varier les thèmes précédents, déjà présents dans sa filmographie…Dans un décor minimaliste, Annie Duperey instaure toute l' autorité et la confusion de son personnage de bourgeoise à la dérive, tandis que Myriam Boyer, de sa gouaille unique, campe une SDF à la fois espiègle et meurtrie. Les écarts scabreux et les bulles poétiques qui font la réputation de leur auteur, s' enchaînent et se fracassent les uns aux autres, pour le plus grand plaisir du spectateur, secoué par ce tour de grand huit théâtral, et dont la conclusion absurde abolie toute distanciation entre public et spectacle. Blier offre un moment rare de théâtre contemporain, entre texte crû et envolées lyriques, qui désarçonnent autant qu' ils ne séduisent…L' expérience, rare, est à tenter.


Philippe Chesnais

En Sursis


En Sursis

Paul a tué la femme de David lors d’un accident de voiture. Dès-lors, comment arriver à survivre à un tel drame ? David pense que tuer Paul lui rendra sa quiétude. Mais assassiner quelqu’un lorsqu’on souffre d’amnésie n’est pas aussi simple… Les deux auteurs et comédiens ont créé un face-à-face original, entre farce absurde et drame, où le déroulement de l’intrigue réserve son lot de surprises et d’apartés. La tension palpable entre les protagonistes, navigant entre complicité graduelle et soutien ambivalent, mène le spectateur sur un fil à la fois trouble et ludique, où la tension ne décroît jamais. Inspiré tant par Pinter pour le vase-clos que par Polanski pour l’absurdité sous-jacente, cette création originale, efficacement mise en scène d’Anthony Binet, et jouée avec sensibilité par Sébastien Chosson et Sylvain Porchet, est l’une des jolies surprises de cette rentrée.


Philippe Chesnais

Le Clan Des Divorcées


Le Clan Des Divorcées

Rires pour tous

Depuis janvier 2004, d'abord en province puis à Avignon et maintenant à la fois à Paris, en tournée et à Avignon chaque été, cette comédie se joue à guichets quasiment fermés.

Qu'est-ce qui fait son succès ? D'abord il y a une conception et une écriture (Alil Vardar) résolument populaire, dans le bon sens du terme. Cette pièce ne vise en effet qu'à divertir tout un chacun, quel que soit son âge ou son milieu ! Le 'pitch' ? Une aristo bon teint et bonnes manières qui vient de divorcer cherche des colocataires pour faire face à ses frais. Son nom imprononçable à quiconque de normal (Stéphanie d'Humily de Malanpry) est son seul critère de sélection, il suffit d'arriver à ne pas l'écorcher pour obtenir gain de cause. Arrivent donc deux femmes divorcées, une anglaise, genre bombe sexy, et une Tarbaise, genre pot à tabac. Il me faut maintenant révéler une autre des clefs du succès de ce spectacle : Alil Vardar en personne dans le rôle de cette dernière ! Vu son gabarit, il ne cherche jamais à féminiser son apparence et ce qui paraît absolument contestable au début s'avère résolument réjouissant. Après avoir fait connaissance, non sans heurts, nos trois drôles de dames vont se mettre en quête d'un homme... Sur scène les comédiens s'en donnent à cœur joie et dans la salle, le public est aux anges, que demander de plus ? A noter, en mai, Claire Gérard et Alil Vardar sont en compagnie de l'inimitable Eve Angéli !


Caroline Fabre

L'Empiafée


L'Empiafée

Piaf ? Ca déchire sa race !

Employée par SOS Chanteuses, ce petit bout de femme aussi gaie qu'un pinson arrive au théâtre en retard.

De toute facon, elle ne compte pas s'éterniser car elle a rendez-vous au Bal des Pompiers. Et puis ce soir, on lui a demandé d'être Edith Piaf, c'est pas gai ca comme univers. Et puis, le pianiste fait la tronche, anéanti par le look de la chanteuse. Il le dit net tènement, il n'y croit pas une seconde. Ni une, ni deux, elle relève le défi ! Face à cet accompagnateur au doigté plan-plan, elle va donner du Piaf qui bouge, qui arrache ! Prête à tout, elle relooke ce triste sire, pour le sortir du pathos dans lequel il s'englue sous prétexte qu'il joue Piaf. Et la donzelle à qui rien ni personne ne semble pouvoir résister parviendra à ses fins et laissera le public pantois devant tant de talents confondus. Car Christelle Chollet développe un très beau jeu de comédienne, un sens pointu du comique et une voix incroyable. Dans ce spectacle où le rythme prend toute son importance, elle monte sur tous les fronts, tchatchant de tout et de rien pour enchaîner sur des chansons immortelles qu'elle s'approprie en leur redonnant une seconde vie, à son image, rayonnante et pleine de peps. Irrésistible !


Caroline Fabre

Laurent Lafitte


Laurent Lafitte

Une réelle force comique !

Cet espoir de notre paysage humoristique a tout d'un grand : excellent comédien qui nous vient du théâtre, il a aussi un vrai talent d'écriture qui s'attache à nourrir les personnages qui vont faire rire aux éclats.

Pour la plupart, ceux-ci sont des méchants mais pour autant, ils sont plutôt attachants parce qu'ils ont mal ou sont maladroits... Laurent Lafitte nous raconte leurs histoires, qui ont tout du conte cruel. Il ne lésine pas en effet sur leurs côtés caustiques, cyniques, inquiétants qui visent à pervertir l'univers policé dans lequel nous vivons. Cette rencontre avec ces monstres du quotidien s'exprime aussi par la chasse aux tabous, tel le fist fucking qui fait l'objet d'un sketch hilarant... ce, et cela tient de l'exploit, sans vulgarité ! A découvrir absolument !


Caroline Fabre

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