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La plus grande réussite de Samy Ameziane, dit « Comte de Bouderbala » ne réside pas dans son
parcours atypique et brillant (basketteur professionnel aux USA, enseignant) ou dans sa plume
incisive, mais dans la création d’un stand-up qui ne soit pas embarrassé de ses glorieux modèles
d’outre atlantique.
Le Comte de Bouderbala réussit donc là où bien d’autres ont échoué : d’une présence naturelle
confondante au service de vannes coulant de source, les victimes collatérales désormais habituelles
de l’époque (la banlieue, la discrimination positive, les minorités ethniques et sexuelles, etc…) sont
évoquées avec force, insolence mais surtout intelligence. Aucun effet forcé dans l’enchaînement
irrésistible de ce spectacle, avec, pour conclure, un état des lieux désopilant du rap français et de
ses lacunes syntaxiques…Même les fans du genre auront depuis longtemps rendu les armes, tant la
séquence est irrésistible.
On notera le rappel de fin, où l’artiste propose un échange de questions-réponses avec le public,
naturellement séduit. Il est clair alors que, devant tant de perspicacité et de talent, ce comte-là
mérite parfaitement son titre.
Philippe Chesnais
Le 16 / 03 / 2011
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